Première bougie – Paris Bangkok

Première bougie – Paris Bangkok

Happy anniversary comme on dit ?
Un an de vie entre Paris et Bangkok, à la découverte d’un monde parallèle, loin de tout ce que l’Europe fait de bien et de moins bien. Et comme l’Asie ne se résume pas à la Chine des reportages télévisés, le mieux serait encore de vous y installer pour comprendre ce changement de philosophie de vie qui s’opère petit à petit. Hier encore, ou du coup il y a peut être un an… je criais sur tous les toits : DEMENAGER EN ASIE ? MOI ? TU M’AS BIEN REGARDE ? MÊME PAS EN DESSIN ANIME !

Sauf que voilà, l’amour, la gifle professionnelle et tout le tralala d’un début de comédie américaine m’ont fait atterrir là… au pays du sourire, des padthaï, khaw phak khray, kuaytiaw et tutti quanti (l’équivalent de nos coquillettes, cordon bleu et croque monsieur à base de riz…) à 8h30 du matin, abattue de découvrir que quoi comment ça pardon, dans une mégalopole de 19 millions d’habitants, le métro se résume à 4 lignes, les trottoirs sont en option et le moto taxi en amazone fait guise de vélib.

Ciao les talons, bonjour les maillots de bain, le quart d’heure de retard parisien devient crétin face au « Sorry Na Kha, I cannot come, I have PONEY-BOXING RIGHT KNOW » de ton rendez vous confirmé depuis deux semaines et finalement « JAI YEN YEN Take it easy » remplacera notre « Put*in de b*rdel de m*rde à la c*n » national en moins d’un an.

Ici prendre le temps c’est un peu comme boire son café, les dossiers ne peuvent pas brûler, ils sont sous air conditionnée et les deadlines se font cuire des oeufs au même street shop que les employés en pause Line-Facebook-Instagram. Bouddha et le karma ont la priorité, tant qu’il reste de l’encens et des malai, ces jolis bracelets offrandes de jasmin et dok ruk, en face du Seven Eleven du coin, Bouddha nous accordera bien une nouvelle journée.

Et quand on y réfléchit bien, pourquoi pas ? Pourquoi courir comme une dératée derrière un skytrain suivi d’un autre skytrain à 2 minutes d’intervalle ? Pourquoi avaler un sandwich et finir à 22h quand il y a écrit 17h sur le contrat ? Pourquoi humilier l’autre quand on peut lui expliquer calmement et en souriant que ce n’est pas super méga giga cool d’oublier un plat et de servir les trois autres invités en décalé ?

Et bien parce que la colère et l’acharnement n’amènent rien de bon. Parole de thaï sans ride, cheveux blancs et rhumatismes avant 50 ans. Profite de la vie et d’autrui, laisse libre cours à ton imagination quand bon te semble et apprends qu’il n y a pas de bonne et mauvaise vision, d’incroyables et de catastrophiques façons de faire et qu’après tout, on est que de passage sur terre… Ally.

20 litres de larmes, 20 000 bahts de psychologue spécialisé dans le « home sick syndrome », 10 cours de yoga, 3 amulettes de Bouddha, 2 apps de méditation, 1 journée chez les moines et 240 heures de leçon de thaï plus tard… Le constat est foudroyant, les thaïlandais ne sont ni fous ni bêtes, c’est bien moi qui perdais la tête.

Rattrapez moi, l’angoisse pourrait me perdre, le stress pourrait m’oublier, je pourrais… KIFFER COMME JAMAIS. Merci la vie.

Joob Joob

Ally